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Handisport - Le rugby fauteuil français confirme sa bonne santé

Cinquième du dernier mondial disputé à Sydney en Australie courant août, l’équipe de France de quadrugby a confirmé sa troisième place européenne, acquise en 2017. Elle pointe sérieusement le bout de son nez parmi l’élite planétaire. Encourageant dans l’optique des Jeux de Tokyo 2020.

Historique ! Depuis 2009 et l’arrivée de l’équipe de France de rugby fauteuil sur la scène internationale, jamais les Bleus n’avaient terminé dans le top 8 d’un championnat du monde. C’est désormais chose faite. Les hommes de Michel Terrefond, directeur sportif de la discipline pour la Fédération Française Handisport, ont décroché la 5eplace des championnats du monde, disputés à Sydney et remportés par le Japon devant le pays hôte. « C’est un très bon résultat, c’est celui que nous souhaitions avant de nous envoler pour l’Australie. Mais il ne faut pas avoir peur de dire que le dernier carré n’est pas irréel pour cette équipe de France », appuie-t-il.

Cette année, il a manqué un peu d’expérience et de maturité à cette formation, 8eet 7eaux Jeux de Londres et de Rio, persévérante et toujours plus ambitieuse. Avec cinq succès pour seulement deux défaites, contre les États-Unis et l’Angleterre (3e et 4e), les Français ont « franchi un vrai palier » selon l’entraîneur Olivier Cusin.

Si ces deux revers ont privé l’équipe de France du dernier carré, ils ne l’ont pas empêché de rester bien concernée par la suite des événements. Ainsi, les Tricolores, 9e du Mondial 2014, ont repris leur marche en avant pour se défaire, dans les matches de classement de 5 à 8, de la Suède puis du Canada 52-51. Un court succès qui témoigne néanmoins des progrès de ces Bleus. En effet, ils avaient déjà battu les Canadiens en poule… Et il n’est jamais facile de battre deux fois de suite la même équipe pendant un même tournoi. Encore moins lors d’un Mondial. « Nous sommes dans la continuité des années précédentes, se réjouit Olivier Cusin. Nous avons su apporter des choses nouvelles pour optimiser le peu de temps que nous avons pour nous entraîner ensemble. » Le travail vidéo a été renforcé et développé.

Des bases solides

Il ne faut en effet pas se mentir. Là où certaines nations fonctionnent tels des groupes professionnels, bénéficient d’une semaine de stage par moi, la France, elle, doit se contenter de quatre jours de regroupement par saison. « Deux séquences de deux jours dans l’année, précise le technicien. Terminer 5e est un exploit au regard du décalage qui existe entre nos préparations et celles de nos concurrents. Mais le groupe est soudé, solidaire,  investi et travailleur. » 

Des bases solides pour continuer d’avancer. D’autant que l’obtention des Jeux olympiques et paralympiques par Paris en 2024 ouvre des perspectives intéressantes. En effet, la France aura une équipe, dans les sports collectifs, qualifiée d’office. « Cela doit nous inciter à préparer l’avenir tout en continuant d’être compétitif à court terme, pointe Olivier Cusin. Nous nous y efforçons. » Témoin, l’intégration réussie de Sébastien Verdin. Ancien basketteur en fauteuil, ce nouveau venu vivait en Australie sa première épreuve de référence avec les quad-rugbymen français. « Il nous a apporté pas mal de bonnes choses. Il a aussi renforcé notre capacité à faire tourner sans que le niveau de l’équipe n’en souffre. »

La France peut donc croire en l’avenir. « Nous souhaitons mettre en place plus de rassemblements pour travailler et avoir plus de clubs sur le territoire afin d’augmenter la quantité de nos licenciés (environ 200 actuellement) et créer un vivier plus large », avance le DS, Michel Terrefond. Histoire de prolonger la belle aventure en décrochant l’une des deux premières places de l’Euro 2019, synonymes de qualification automatique pour les Jeux de Tokyo. Faute de quoi, il faudra passer par à un tournoi de qualification mondial.
 Jérôme Savary

Le parcours de la France

Poule : Canada – France : 42-51, Colombie – France : 45-50, Etats-Unis – France : 54-39, Pologne – France : 39-51, Grande-Bretagne – France : 47-41.

Classement de 5 à 8 : Suède – France : 42-54 ; Canada – France : 51-52.