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Handisport

Handisport : L’ambitieuse reconversion anticipée d'Elodie Lorandi...

La nageuse française Elodie Lorandi a décidé de mener un double projet sportif. Après les championnats d’Europe handisport de natation en août (13-19 à Dublin), elle se préparera pour les championnats du monde de handi aviron, prévus au mois de septembre, en Bulgarie.

Tout est une histoire de bassins. Élodie Lorandi, 29 ans, a retrouvé l’envie. La championne paralympique 2012 sur 400 m avait choisi d’arrêter de nager au plus haut niveau après les championnats du monde 2017. Mais le report de cette épreuve, en raison des intempéries qui ont ravagé Mexico en octobre dernier, l’ont incité à poursuivre, un an de plus. « Je ne vouais pas stopper ma carrière sur un report… Et comme je n’avais pas pris de vacances, je ne me sentais pas de repartir sur une préparation pour disputer les mondiaux au mois de décembre », explique la native de Cannes.

« J’avais envie de le faire à ma manière »

Après une période de réflexion quant à la manière dont elle concevait sa saison, elle a décidé de se donner les moyens de participer aux Jeux méditerranéens et sans doute aux championnats d’Europe. « Je ne voulais pas que ce soit la même prise de tête. J’avais envie de le faire pour moi, à ma manière. » Le tout en testant l’aviron, comme elle l’avait prévu avant le report des Mondiaux de natation.

Cette saison, l’athlète du Team EDF, également membre de l’armée des champions, a donc concilié la nage et les rames. « J’ai effectué un premier stage, au mois d’octobre 2017 avec l’accord de Charles Delval, chef du secteur handi aviron à la fédération française d’aviron. Cela m’a plu et je me suis prise au jeu. » Au fil des stages, Élodie Lorandi, par ses qualités physiques, développées par plus de dix ans de natation au sommet, trouve sa place. « J’ai fait part de ma volonté de participer aux échéances majeures de la saison internationale en natation auprès du staff aviron. Cela a été compris et on a trouvé une manière de fonctionner. »

Un rythme de folie

C’est très exigeant physiquement et mentalement. Mais aussi très dynamisant. « L’aviron m’a redonné une vraie motivation et m’a aidé à retourner à l’entraînement de natation », assure Élodie Lorandi. La notion collective, dans l’effort, la victoire comme la défaite, propre à l’aviron, l’a séduite. Et son vécu de nageuse de haut niveau est un atout. La musculation mise en place pour bien ramer sert aussi ses ambitions dans le bassin aquatique. A l’arrivée, la Sudiste a gagné sur tous les tableaux.

Médaillée d’argent en double aux championnats de France d’aviron, l’Azuréenne a aussi décroché son sésame pour les Jeux méditerranéens et les championnats d’Europe. Aux « Jeux Med », la septuple médaillée paralympique s’est même offert le titre sur 100 m en 1.01’96’’. La capitaine de la natation tricolore handisport va enchaîner avec l’Euro, en Irlande du 13 au 19 août. « J’y serai sur 100 et 400 m finalement. Je vise le titre sur 100 m et pourquoi pas une médaille sur 400 m Ça va se jouer au mental et à la touche. Notamment sur 100 m. »

Pour afficher de tels objectifs, Élodie Lorandi, qui va préparer à la rentrée, les concours d’entrée aux écoles d’auxiliaires de puériculture, doit s’astreindre à un rythme de folie. Fin juillet, alors qu’elle était en stage avec l’équipe nationale d’aviron au Temple-sur-Lot (Lot-et-Garonne), elle devait nager tous les matins pour être fin prête à Dublin. « J’ai en effet été retenue dans le quatre barré de l’équipe de France pour les championnats du monde d’aviron, en septembre à Plovdiv (Bulgarie). »

D’un bassin à l’autre, Élodie Lorandi n’a pas fini de briller.

Jérôme Savary