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Handisport

Handisport - La France pose des jalons dans l’optique de Paris 2024

Guislaine Westelynck, la présidente de la Fédération Française Handisport, revient sur l’été prometteur des Français sur la scène internationale. « Nous serons là pour les Jeux de Paris 2024. »

La journée s’étire une nouvelle fois. Guislaine Westelynck, de retour de Bourges, où elle a passé la journée sur le stage Jeunes à Potentiel (JAP) de la FFH, reconnaît un peu de fatigue. Mais elle se réjouit surtout d’avoir vu des jeunes pleins d’allant. « J’ai vu des jeunes, de vrais espoirs très motivés et investis, commente-t-elle enchantée. Ils seront prêts pour 2024. On sera là. »

Des stages et du temps pour les cadres

Sans galvauder les Jeux paralympiques de Tokyo 2020, le mouvement handisport concentre une grande partie de ses efforts dans l’idée d’arriver en plein boom aux Jeux de Paris, dans six ans. Cet été au cours duquel quinze disciplines se sont illustrées sur la scène internationale. Entre championnats d’Europe (natation, athlétisme, Escrime, Badminton…) et championnats du monde (tennis de table, escrime U 17 et U 23, basket-ball U23, cyclisme…), les Tricolores ont décroché 64 médailles, dont 20 titres. Ils complètent cette moisson par 21 médailles d’argent et 23 en bronze. Un bilan satisfaisant qui ne doit pas faire oublier les préoccupations des différents directeurs sportifs et des athlètes. « J’ai vraiment apprécié de me rendre sur les terrains, de mesurer les attentes légitimes des uns et des autres. Des préoccupations portant sur la disponibilité des coaches, l’espoir de pouvoir multiplier les regroupements, notamment pour les sports collectifs. »

Des pistes de progrès déjà explorées par la direction technique qui a planché lors du premier trimestre 2018 sur la réorganisation sportive de la Fédération. L’arrivée de Norbert Krantz comme directeur des équipes de France de sports paralympiques d’été et l’intronisation de Christian Fémy, DS du sport, comme référent des sports paralympiques d’hiver a insufflé un nouvel élan. « On l’a ressenti indéniablement, apprécie Guislaine Westelynck. Il y a une ambiance de travail et une volonté affirmée de tous, cadres et sportifs de réussir. Tous affichent des ambitions élevées et démontrent une réelle volonté de tout mettre en place pour y parvenir. » Le séminaire des directeurs sportifs et des techniciens organisé courant octobre à l’Insep est l’un des moments forts traduisant cette volonté. « Il y a un frémissement et on commence à en sentir les retombées. Mais ce n’est qu’un début. On va poursuivre dans ce sens. J’en suis convaincue », appuie la présidente.

Les performances des jeunes athlètes, des jeunes nageurs comme Ugo Didier, sacré champion d’Europe et nouveau recordman continental en 100 m dos (S9), témoignent de la nouvelle vague qui émerge. Elle doit encore s’intensifier. « Le travail de détection initié depuis plusieurs années, la montée en puissance du Centre Fédéral, installé dans les locaux du Creps de Talence (Gironde), portent leurs fruits et livrent de belles promesses. »

Exploser les barrières

La dynamique « booste » aussi les sportifs confirmés. Marie-Amélie Le Fur n’a pas caché que son implication auprès des jeunes athlètes, après les Jeux de Rio, l’ont incité à revenir vivre des moments de partage fort. L’icône de l’athlé handisport a d’ailleurs pulvérisé le record du monde de saut en longueur en devenant la première femme amputée à passer la barre des 6 mètres avec un bond à 6,01m lors de l’Euro berlinois. « Je suis ravie pour elle, pour l’équipe et pour se proches. Elle a encore démontré qu’avec la volonté, la motivation et le travail, on peut exploser les barrières », poursuit Guislaine Westelynck. La France, à l’image de la skieuse Marie Bochet, quadruple médaillée d’or aux Jeux paralympiques d’hiver, nouvelle égérie de L’Oréal, espère bien en faire tomber de nombreuses autres dans les six prochaines années.

Jérôme Savary