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Handisport - Jeux paralympiques : Pour tout savoir sur les guides

Antoine Bollet et Anthony Valverde guident Thomas Clarion et Anthony Chalençon, deux skieurs nordiques non-voyants. Ces deux paires représenteront la France aux Jeux paralympiques de PyeongChang (Corée du Sud), du 9 au 18 mars. Ils expliquent en quoi guider est une belle aventure.

Leur vie a changé du jour au lendemain… Ou presque. Antoine Bollet et Simon Valverde sont respectivement guides de Thomas Clarion et Anthony Chalençon, deux skieurs nordiques déficients visuels de l’équipe de France. Dans environ deux mois, Antoine Bollet et Simon Valverde vont découvrir les Jeux paralympiques d’hiver de PyeongChang (9-18 mars). « Les Jeux, Anthony m’en a parlé lorsque nous nous sommes rencontrés », reconnaît Simon Valverde. Cet étudiant a décidé de se lancer dans le guidage, il y a un an, à la suite d’un premier échange fructueux avec Anthony Chalençon, 27 ans. « Anthony a fait sa recherche à travers le monde du ski nordique mais peu ont donné suite. En juillet 2016, par bouche à oreilles, on est entré en contact et ça m’a séduit. »

« Je vis une expérience humaine énorme »

A 22 ans, Simon Valverde aime bien voyager. Il est servi. Au-delà de ça, le guide a trouvé une forme d’épanouissement différente. « Je vis une expérience humaine énorme. Elle me permet d’apprendre sur moi-même et de ne pas me mettre de barrière », ajoute-t-il. Le jeune homme y a aussi trouvé des avantages. « Je suis sur les listes de sportifs de haut niveau. Je bénéficie donc d’un aménagement de mes horaires à la faculté. En résumé, je passe à ma vie à skier. Ce n’est pas mal… » Un contexte idéal qui ne doit pas faire oublier l’exigence de résultats. Surtout depuis qu’il porte les couleurs de la France. « Les premières fois en bleu, ça fait bizarre, confie Simon Valverde. Même quand on s’entraîne et que l’on a la tenue, on est suivi du regard. Mais ce qui me plaît surtout, c’est de se confronter aux autres nations, d’arriver sur un site avec plein d’étrangers venant de tous les pays du monde. »  

« La complicité dépasse le seul cadre du ski »

Les deux duos postulent à un ou des podiums en Corée du Sud. Pour y parvenir, ils travaillent sans relâche. Antoine Bollet et Thomas Clarion, eux, font la paire depuis trois ans environ. « On se voit assez régulièrement. La complicité dépasse le seul cadre du ski, explique Antoine Bollet. Il est important de partager des moments de vie mais il faut aussi savoir ne pas être tout le temps ensemble. » En dehors des périodes de stages, d’entraînements et de compétitions, Anthony Chalençon et Simon Valverde privilégient leurs proches et leurs copains. « Sinon, c’est trop. En stage, on vit quasiment 24 h sur 24 ensemble. On partage la même chambre, on se rend ensemble au réfectoire, détaillent-ils. On apprend donc à bien se connaître à travers ces périodes. » La préparation durant l’été, sur les skis roues, lors des sorties pédestres ou à vélo sont aussi des temps forts au cours desquels ils développent leurs automatismes. Apporter cette dimension collective à ce sport individuel par excellence est aussi un élément qui a conquis les deux valides du binôme. « Je lui transmets certaines de mes connaissances. Mentalement, on se rassure aussi, argue Antoine Bollet. Je découvre un nouvel aspect de mon sport. Partager une victoire ou une défaite est nouveau. Cela donne du peps à la course. »

De l’énergie, les Bleus en auront besoin à PyeongChang du 9 au 18 mars lors des Jeux paralympiques. Un rendez-vous planétaire qui donne encore un peu plus de sens à leur investissement.

Jérôme Savary