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Handisport

Handisport – Frédéric Delpy : « Je ne vais pas casser les murs »

L’ancien nageur de haut niveau handisport, Frédéric Delpy, a succédé à Gérard Masson à la présidence de la Fédération Française Handisport. Élu dès le premier tour dans une élection qui pour la première fois mettait deux listes en opposition, Frédéric Delpy (45 ans) entend apporter un nouveau souffle. Mais rien de révolutionnaire.

Frédéric Delpy, que représente d’être président de la Fédération Française Handisport ?
C’est une première pour moi. C’est une grande fierté d’être à la tête d’une aussi belle structure. La FFH est reconnue en France par les pouvoir publics, le grand public aussi. Il y a, aujourd’hui, une vraie reconnaissance du handisport. Je veux encore accentuer l’importance d’une pratique sportive pour toutes les personnes en situation de handicap, à tous niveaux (élite, entretien, sport loisirs et santé…).

Depuis quand songez-vous à briguer ce poste ?
Depuis deux ans et demi environ. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à travaillé sur ma candidature. On m’a un peu sollicité en interne. J’y ai longuement réfléchi. D’abord seul, puis avec mon épouse et mes enfants. C’est un choix collectif. Ensuite, j’ai commencé à mener ma campagne, à ma manière, avec mon équipe.

C’est-à-dire ?
Entré au Comité Directeur fédéral il y a quatre ans, j’avais en charge les régions. Cela m’a permis d’entendre, de constater des façons de faire, d’avancer. J’ai donc davantage mené ma campagne en province. En m’appuyant notamment sur Sylvain Paillette. Ancien nageur comme moi, nous avons vécu de grands moments ensemble et nous partageons une vision du handicap et de la pratique sportive assez proche.

Quels sont vos axes prioritaires ?
Il va déjà falloir trouver un Directeur Technique National puisque Jean Minier a accepté, et je suis content pour lui, d’être cadre au Comité Paralympique et Sportif Français. Il aura en charge la partie sportive.

« L’une de mes priorités : trouver un Directeur Technique National »

Et après ?
Il me semble important de développer la base. Il y a 2,5 millions de personnes en situation de handicap en France et seulement 36 000 licenciés FFH. Misons sur le sport pour tous, favorisons la pratique sportive dans les établissements scolaires. Trop de jeunes handicapés sont encore dispensés d’EPS. Nous devons tisser des liens forts avec les ministères des Sports et de la Santé, de l’Éducation nationale. Sans ça, ce sera encore et toujours très difficile. Mais attention, en interne, je ne vais pas casser les murs. La FFH fonctionne bien. Il faut juste laisser les énergies s’exprimer davantage. Je suis là pour donner un coup de peinture ou bouger une ou deux cloisons si cela est nécessaire.

Il va aussi y avoir l’annonce de la ville retenue pour les Jeux 2024… 
Oui. Je serai attentif à ce 13 septembre 2017 à Lima (Pérou). Il faudra être réveillé. Évidemment, nous espérons que Paris sera retenue. Pas un président de Fédération, en France, ne peut dire le contraire. D’un point de vue sportif et sociétal, cela est très important et peut changer beaucoup de choses.

Vous aurez aussi à faire face au transfert de délégation de certaines disciplines acté et à venir…
Sur le fond, je ne suis pas contre. Néanmoins, la forme me pose davantage de problèmes (certaines fédérations valides, comme le tennis, le judo ou la voile… ont récupéré la gestion de la pratique sportive des personnes en situation de handicap). Il faut un vrai accompagnement de celle-ci et de vrais échanges avec les fédérations analogues. Mais par la qualité et le niveau d’expertise de nos cadres techniques, la FFH est incontournable quand on parle de handisport. La présence de Jean Minier au CPSF va aussi favoriser cet accompagnement et ces échanges.

Jérôme Savary