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Handisport - Fémy : «Le ski français dans une année de transition»

Le directeur sportif de l’équipe de France de ski handisport, Christian Fémy, pose les enjeux de cette saison 2019 Les choses sérieuses vont commencer dès lundi, avec les Mondiaux en alpin (21 janvier au 2 février), prévus en Slovénie et Italie.

Un an après des Jeux paralympiques exceptionnels, marqués par 20 médailles - dont sept titres -, la France du ski handisport repart à la conquête du globe. Marie Bochet et Arthur Bauchet, les chefs de file de l’alpin, entrent en lice dès lundi pour les championnats du monde. Ils se disputent à Kranjska Gora (Slovénie) et à Sella Nevea (Italie).

Christian Fémy, quels sont les enjeux majeurs de cette saison post-paralympique ?   
Ils sont doubles. Nous espérons voir nos ténors signer des bonnes performances, c’est-à-dire, donner le meilleur et entreprendre tout ce qu’il faut pour arriver au sommet de leur forme le ou les jours J. Ce sont des épreuves de référence pour lesquelles on s’est bien préparé.  Nous serons dans la continuité de ce que nous avions mis en place pour les Jeux paralympiques de PyeongChang. Cela a toutefois été difficile de repartir, de retrouver vite la motivation, surtout après les Jeux que nous avons vécus. Il a aussi fallu appréhender l’engouement médiatique et les diverses sollicitations de nos sportifs. Le deuxième enjeu est de préparer l’avenir avec l’intégration de jeunes et  la mise en place d’un travail pour affûter la relève dans l’optique des Jeux de Pékin 2022 et de ceux de 2026.   

Dans quel état de forme et d’esprit arrivent les skieurs alpins ?
Techniquement, ça va bien. Ils sont prêts. Mais la problématique du début de saison a été le grand nombre d’annulations de courses, en raison d’un manque de neige ou des conditions météo. Nous n’avons donc disputé aucune coupe du monde. En coupe d’Europe, cela s’est bien passé. Marie Bochet a gagné avec 7 secondes d’avance et Arthur Bauchet, avec 6’99’’. C’est énorme. Reste à savoir comment ils appréhenderont la pression d’un championnat du monde sans avoir de véritable référence par rapport à l’adversité.  

Deux petits nouveaux...

Deux nouveaux composent cette équipe de France…
Oui, il y a Manoel Bourdenx, un debout que l’on va voir pour la première fois à l’international. Il a de bonnes dispositions. Puis un déficient visuel, Thomas Civade, avec son guide Kerwan Larmet. Ces deux entrées compensent numériquement les arrêts de Frédéric François et Yohann Taberlet. Le premier avait fait trois médailles aux Jeux. Comme Yohann, souvent au pied du podium, ils étaient des éléments moteurs de notre équipe et du ski à l’international.   

Deux sites, une épreuve assez longue. C’est différent ?
Oui. Les épreuves techniques (Slalom et Géant) se tiendront à Kranjska Gora, en Slovénie. Celles concernant la vitesse, en Italie, à Sella Nevea. Ces deux stations ne sont pas très éloignées l’une de l’autre mais les sportifs auront trois jours de tests sur les pistes de la station italienne. Cela allonge donc la durée de l’épreuve. Ces pistes ont accueilli des épreuves valides. Elles sont exigeantes et techniques. 

Qu’en est-il du nordique et du snowboard ?
Le ski nordique a bien lancé sa saison. Benjamin Daviet (4 médailles dont 1 titre paralympique en 2018) a été brillant sur les épreuves de coupe du monde. Anthony Chalençon, souvent sur le podium, est là aussi. On est dans le ton. Là encore, nous préparons l’avenir en intégrant pleinement Thomas Dubois, déjà présent à PyeongChang. Nous devons aussi faire face à l’arrêt de Thomas Clarion, médaillé par équipe et élément important des relais. Il va nous manquer dans les épreuves par équipe. En snow, les épreuves sont concentrées sur novembre et vont reprendre en février. Cécile Hernandez est en place mais la faible participation rend difficile d’évaluer ses performances.    

Et en matière de relève ?
Nous en avons deux en nordique. C’est peu mais nous en prenons bien soin. En revanche, en snow, alors que c’est plutôt une discipline de jeunes, nous avons du mal à attirer des nouveaux. C’est pareil à l’international. Peut-être est-ce lié à un problème de communication ?

Votre staff aussi a connu du changement…
Oui. Mickaël Charrière, l’entraîneur en chef de l’alpin, après deux paralympiades, s’est arrêté. Il a été remplacé dans ce rôle par son second, Philippe Lambert. Un nouveau technicien les a rejoints, Benjamin Ruer. Ce dernier fera le lien avec Stéphan Sazio, un entraîneur belge qui a ramené la première médaille paralympique de la Belgique en tant qu’entraîneur, à PyeongChang, que j’ai placé sur le groupe des jeunes. Un groupe où nous avons deux éléments à fort potentiel. En Nordique, Benoît Gilly, l’entraîneur numéro un, est parti à la Fédération de canoë-kayak. Il a été suppléé par son second, Vincent Duchène. Là encore, un nouveau technicien est arrivé. Et en snowboard, on a accueilli Yannis Dole. Un entraîneur, issu du monde valide, au vécu solide. Tous ces techniciens sont des pros, diplômés d’état 2e degré. C’est très important qu’ils possèdent un réel bagage, de l’expérience afin de rapidement s’adapter aux spécificités du handicap. Ces entraîneurs compétents et expérimentés sont la clé de notre fonctionnement.

Jérôme Savary

La sélection française pour les championnats du monde alpin : Marie Bochet, Arthur Bauchet, Jordan Broisin, Thomas Civade (Kerwan Larmet, guide), Manoel Bourdenx.

Les championnats du monde de ski nordique sont programmés à Prince George au Canada du 16 au 24 février. Ceux de snowboard à Pyhä en Finlande du 27 au 31 mars.  

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