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Handisport

Handisport - Fémy : « Autant que les médailles, je veux la manière »

Christian Fémy , le directeur sportif du ski à la FFH, affirme que l’enjeu des Mondiaux qui débutent à Panorama (Canada) dépasse largement le nombre de médailles remportées. Entretien.

Quelles sont vos attentes sur ces championnats du monde de handiski alpin ?Je n’ai pas fixé d’objectif. Autant que les médailles, je veux la manière… Chaque membre de l’équipe de France doit, à l’issue de chacune des manches qu’il dispute, avoir donné le maximum. Je veux les voir produire un ski de qualité en termes technique, tactique et d’engagement. Comme en valide, nous avons de nouvelles normes pour les skis. Nous avons beaucoup travaillé sur l’aspect technique durant l’été et l’automne. Si en debout, ces modifications ont été bien intégrées, cela a été plus difficile en fauteuils, notamment dans les courbes. Voilà pourquoi j’insiste sur la production de ski. L’objectif médailles peut nous amener à oublier le contenu de nos courses.

La France est aussi orpheline de Vincent Gauthier-Manuel…Oui. Vincent est ennuyé par des problèmes de dos depuis longtemps déjà. Il a souffert le martyr et il a tenu bon pour aller aux Jeux de Sotchi. Il avait très envie de repousser l’opération inévitable mais il a, à nouveau, eu des douleurs dorsales importantes avant de partir au stage de préparation à Ushuaïa (Argentine). Puis, il s’est encore bloqué le dos en début d’année. Il a donc été opéré d’une hernie discale en janvier. Il reprend tout juste la marche et devra donc patienter quelques mois avant de retrouver la compétition, qui plus est, de haut-niveau. Avec Solène Jambaqué, qui a arrêté sa carrière après Sotchi 2014, nous avons deux de nos médaillés des Jeux absents. Il nous sera donc difficile de rester en haut du classement des nations que nous avions dominé l’an passé.

Marie Bochet, elle, est bien là…Oui. On sait qu’elle peut tout gagner car elle l’a déjà fait. Maintenant, nous sommes vraiment dans une logique de préparation des Jeux 2018 avec elle. Notamment en vitesse, où elle gagne en maturité et continue de progresser techniquement. C’est ce que je veux retrouver en priorité au Canada. Outre sa collection de Golden Globes, je retiens de sa préparation la « première trace » lors de la Coupe du Monde valide organisée à Val d’Isère. Elle fut la seule à passer toutes les portes du Super G. Cela démontre qu’elle a su régler, lors de l’inspection, tous les problèmes que cette piste posait. Après, ses victoires en handisport démontre que techniquement, le geste est là.

Parlez-nous un peu du reste de l’équipe de France ?On retrouve deux profils. Il y a des garçons comme Romain Riboud, Cédric Amafroi-Broisat ou Cyril Moré qui disputent sans doute leur dernier grand rendez-vous. Ils auront donc à cœur de conclure sur un podium. Au regard de leurs manches de Coupe d’Europe et du Monde, c’est jouable. Et puis les plus jeunes comme Marie, Yohan Taberlet, Jean-Yves Le Meur ou Frédéric François avec lesquels nous sommes en préparation pour les Jeux paralympiques 2018 à Pyeongchang, en Corée du Sud.

Quel regard portez-vous sur la performance des Bleus aux championnats du monde de ski nordique (6 médailles dont le titre en relais) ?Le bilan global est très bon. Mais la victoire du relais devant les Russes, intouchables depuis des années, est un grand moment de la discipline. Au même titre que les quatre médailles d’or de Marie Bochet à Sotchi ou les trois de Vincent Gauthier-Manuel. Il y a le titre et la manière puisque les entraîneurs ont maintenu leur idée de faire courir tout le monde. Résultat, Anthony Chalençon s’est démené et l’or fut au bout. C’est vraiment fabuleux. 

Jérôme Savary