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Handisport

Handisport : Emmanuelle Assmann explique son départ du comité paralympique

En poste depuis 2014, Emmanuelle Assmann, 44 ans, a démissionné de son poste de présidente du Comité Paralympique et Sportif Français (CPSF). Elle quittera sa fonction le 14 décembre 2018, jour de l’assemblée générale de l’instance. Marie-Amélie Le Fur est actuellement la seule à avoir annoncé qu’elle aimerait lui succéder.

Les raisons de ce choix

« Il y a cinq ans, j’ai bénéficié d’une mise à disposition de mon employeur, EDF, pour exercer cette fonction de présidente du CPSF. Le Ministère ne voulait plus que ce poste soit occupé par un président de fédération. Gérard Masson, alors président de la Fédération Française Handisport et du CPSF m’avait sollicitée. J’ai toujours fonctionné en saisissant les mains tendues qui se présentaient à moi. Là encore, j’ai eu une nouvelle opportunité puisque EDF m’a proposé de travailler au Pôle marque de la direction de la communication. C’est un nouveau challenge car je ne connais pas bien ce rôle. Mais je ne voulais pas rester dans une fonction à caractère uniquement sportif. Je suis avant tout une « communicante » et découvrir d’autres milieux et d’autres secteurs d’activité est primordial à mes yeux. Je vais donc commencer dans ce rôle le 14 janvier 2019. Je n’ai pas cherché à demander une prolongation de ma mise à disposition jusqu’en 2021 parce que je pense que la dynamique Paris 2024 est lancée et je sais que je ne serai pas allée jusqu’en 2024. Il convenait donc de laisser la place pour permettre de la continuité jusqu’aux Jeux olympiques et paralympiques de Paris. Je boucle donc cette belle parenthèse de ma vie professionnelle. »

Ses plus beaux souvenirs

« Le premier est tout le travail effectué pour défendre la candidature de Paris aux Jeux paralympiques 2024 de Paris et le jour de l’annonce officielle. Après, il y a les trois Jeux qui ont été de belles aventures humaines. Ceux de Sotchi que j’ai vécus comme chef de mission. C’était très agréable d’être au village, avec les athlètes. Aux Jeux de Rio et de PyeongChang, je me suis plus retrouvée à jouer mon rôle de représentation. Ce fut donc un peu différent. Mais j’ai eu la satisfaction de voir la France récolter davantage de médailles que lors des Jeux d’été et d’hiver précédents. »

Ses satisfactions

« Je suis très heureuse d’avoir, avec mon équipe, réussi à faire entrer le CPSF dans le Code du Sport en novembre 2015. Cette entrée témoignait que l’instance comptait parmi les acteurs majeurs du sport en France. Qu’elle était reconnue et identifiée comme telle. Je suis-je suis heureuse aussi voir que le CPSF regroupe aujourd’hui 36 fédérations. Il y a donc plus de pratiques et d’acteurs. Cette reconnaissance va permettre de continuer à évoluer en ce sens. Il y a bien sûr eu le fait de contribuer à décrocher les Jeux paralympiques à Paris en 2024. Surtout, je suis contente d’avoir réussi à faire en sorte que la notion paralympique devienne, à force de le répéter, de le défendre, automatique ou presque, lorsque l’on parlait de ces Jeux. Je voulais aussi essayer de créer un lien plus étroit entre les sportifs et l’instance. Créer de l’humain même si la fonction laisse assez peu de temps avec cette ambition. »

Son regard sur la fonction

« Il m’a d’abord fallu un an pour me sentir complètement légitime et être reconnue comme telle au sein du mouvement. Le fait d’être une femme n’est pas étranger à cela, je pense. Après, j’ai été surprise par le côté politique du poste. Je ne pensais pas que le sport était autant politique. Je suis plus militante que politicienne. Il m’a donc fallu essayer de trouver le bon compromis pour essayer de transformer des convictions en actes. J’ai constaté qu’aucune bataille au sujet du Sport et du Handicap n’est gagnée d’avance. Tout est fragile. Mais j’ai le sentiment d’avoir su sensibiliser. J’ai été bien aidée par l’obtention des Jeux à Paris en 2024. »

Jérôme Savary