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Handisport

Handisport - Natation - Bourdeau : « On s’est sentis comme chez nous »

Le directeur sportif en charge du haut niveau de la natation handisport française a apprécié les championnats de France Elite disputés jusqu’à dimanche près de Strasbourg. Entretien.

Cyril Bourdeau, comment se sont comportés les nageurs présents à Rio encore en activité ?
Il y a deux vagues. David Smétanine et Charles Rozoy étaient là pour participer à leur dernier championnat de France. Avec l’envie de bien faire mais pas forcément en se projetant sur les prochains championnats du monde à Mexico. Ensuite, il y a Élodie Lorandi. Après les Jeux, elle a assez vite émis l’envie de se qualifier pour un dernier championnat du monde. Elle y est parvenue en décrochant les minima sur 100 m. Elle sera donc à Mexico. Sur 100 m et 50 m nage libre. En revanche, elle ne devrait pas s’aligner sur le 400 m, une spécialité très exigeante. Mais je ne serai pas surpris de la voir arriver très compétitive sur le 100 m pour terminer par une médaille mondiale.

Et les plus jeunes, dont la carrière n’est pas sur la fin ?
Je les situe dans ma deuxième vague. Anaëlle Roulet, blessée il y a quelques semaines à la cheville, a montré de belles choses en dos. Elle aussi a repris un billet pour les championnats du monde. Enfin, il y a Théo Curin, présent aux championnats de France comme… spectateur. Victime d’une fracture de l’humérus, il est plâtré. On ne pense pas le revoir avant mi-juillet. Pour les championnats du monde, on va voir comment il récupère et on sera très vigilant sur le plan médical. Autrement dit, le concernant, c’est « wait and see ».

Comment s’est comportée la relève ?
Bien. Il n’y en a pas un pour qui j’ai coché absence de meilleure performance. Beaucoup ont réussi les minima internationaux pour disputer les championnats du monde. Pas ceux fixés par la France… Mais cela marque des progrès importants. Le travail de ces jeunes que l’on suit depuis six ou sept ans commence à porter ses fruits. C’est dans la logique de ce sport où il faut du temps.

Plus particulièrement, avez-vous des noms à valoriser ?
Je retiens les performances d’Emeline Pierre (S10). Cette jeune nageuse a connu une belle progression pour se hisser aux portes de l’équipe de France. Elle est à 1/10e des minimas français en dos. Elle démontre donc que quand on travaille bien et sérieusement, les progrès arrivent. J’ai aussi apprécié la compétition de Maël Cornic (S8), en libre et papillon. Florent Marais, dans une catégorie S10 très relevée en matière de niveau, avance aussi de façon intéressante. Enfin, chez les encore plus jeunes, il faudra suivre avec attention les évolutions de Julien Viot et d’Enzo Verpio. S’ils continuent à travailler, ces éléments peuvent prétendre à l’équipe de France dans les deux ou trois ans.

Un mot sur l’organisation où les valides et les meilleurs handisports sont réunis ?
On s’est senti comme chez nous. Jusqu’ici, on se rapprochait d’un système. On a franchement pu bosser dans de très bonnes conditions. On se sent bien. L’organisation était bien et nous avait bien pris en compte. Après ces championnats de France sont toujours un vrai bonheur pour moi. Ils me permettent d’échanger avec un grand nombre d’entraîneurs sans avoir à parcourir plein de kilomètres. J’emmagasine donc un grand nombre d’infos.

On peut donc parler d’un championnat satisfaisant…
Un entraîneur n’est jamais vraiment satisfait. Il en demande toujours plus. Ce fut un bon petit championnat de France où les jeunes ont fait valoir leurs progrès. Il est conforme aux attentes.

Jérôme Savary