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Handisport – Cécifoot : «L’équipe de France doit retrouver son rang»

De retour à la tête de l’équipe de France de cécifoot (foot pour déficients visuels), le sélectionneur national Toussaint Akpweh entend bien ramener les Bleus sur le devant de la scène. Et ce dès les championnats du monde à Madrid (6-18 juin).

Toussaint Akpweh, sélectionneur de l’équipe de France, vice-championne paralympique de cécifoot à Londres 2012, a retrouvé des Bleus au creux de la vague. En moins de trois mois et en s’appuyant sur des leaders comme Frédéric Villeroux (également de retour), il espère avoir remis suffisamment d’énergie positive et un reconstruit un collectif cohérent pour briller aux championnats du monde espagnols.

« L'équipe de France était en piteux état »

Toussaint, comment a été vécu votre retour par l’effectif ?
Il faut leur demander. Globalement, j’ai la sensation que cela s’est bien passé. La clé, c’est la méthode : j’échange avec tous. J’ai toujours maintenu cette démarche. Je n’ai pas senti de réticence. Après, il faut aussi laisser du temps au temps. Être très proche de chacun des joueurs. C’est très énergivore mais il y a une volonté mutuelle de collaborer pour réussir ce projet.

Quel projet exactement ?
Depuis Londres, la France, alors 2emeilleure nation au monde, est descendue à la 16eplace mondiale. C’est insupportable. L’équipe de France doit retrouver son rang, sa notoriété et sa philosophie de jeu. J’aime gagner mais j’aime que mon équipe propose du jeu.
 
Dans quel état d’esprit avez-vous retrouvé cette équipe de France ?
Elle était en piteux état. Le collectif était totalement déconstruit. Il faut donc le reconstruire. L’équipe étant en difficulté en termes de résultats, les joueurs doutaient. Même ceux qui étaient bien. Ils avaient peur de mal faire.

Quelles étaient vos priorités dans l’optique de ce championnat du Monde ?
Il fallait remettre une culture footballistique dans les têtes. Retrouver une identité collective en insistant sur les fondamentaux individuels techniques et tactiques. Nous avons aussi travaillé sur les animations offensives, avec le ballon et les animations défensives. Le chantier entamé a bien avancé.

« Je ne reviens pas pour faire de la figuration »

Que peut espérer la France à Madrid ?
Nous sommes dans l’optique des Jeux paralympiques de Tokyo mais surtout de ceux de Paris 2024. C’est l’enjeu majeur. Néanmoins, réussir les Jeux 2020 sera des graines semées pour l’avenir. Fixer des objectifs est un peu tôt mais un top 6, au minimum, serait très intéressant. Après, je suis en perpétuelle quête de podium et je ne reviens pas pour que la France fasse de la figuration.

Quel regard portez-vous sur l’évolution du paysage international ?
Tout le monde a bien travaillé. Les nations ont compris qu’au-delà des résultats sportifs, le cécifoot est un moyen sociétal de valoriser les personnes en situation de handicap. De mettre en avant leurs aptitudes et leur capacité d’adaptation.

Parlez-nous de votre poule qualificative ?
L’Argentine et l’Iran ont, sur le papier, des potentiels qui pourraient leur permettre d’aller assez loin. La Colombie, elle, se développe et travaille bien. Les Colombiens ont assez bien fini les championnats sud-américains, où l’on retrouve le Brésil, une nation qui demeure au-dessus de la mêlée mondiale. Mais une chose est sûre, si la France arrive à produire son jeu, ces nations sont à sa portée.