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Handisport

Handisport : Bochet dans le cercle fermé des sportifs de l’année Laureus

Marie Bochet, la skieuse française, a remporté le titre Laureus World Sports Award de la catégorie handisport. Une nouvelle consécration pour la quadruple médaillée d’or des Jeux paralympiques de Sotchi.

Les bonheurs n’arrivent jamais seul. Marie Bochet enchaîne les distinctions depuis le début de ce deuxième trimestre de l’année 2014. Quadruple médaillée d’or aux Jeux paralympiques de Sotchi (Descente, Super G, Géant et Super Combiné), la skieuse alpine française a été élué sportive internationale handisport de l’année à Kuala Lumpur (Malaisie). Une récompense reçue des mains d’Éric Cantona et Franz Klammer lors de la cérémonie des Laureus World Sports Award. La cérémonie de récompense sportive la plus importante du calendrier.

AVEC NADAL ET VETTEL Le nom de la Haut-Savoyarde, née à Chambéry avec une agénésie de l’avant-bras gauche, figure donc à côté de celui du tennisman Rafael Nadal, ou encore du pilote automobile de Formule 1, Sebastian Vettel, sacré sportif international de l’année. « Je remercie l’Académie Laureus de m’avoir nominé et remis ce Prix, a déclaré la Française de 20 ans honorée pour son Grand Chelem lors des Championnats du Monde de ski disputés à la Molina (Espagne) en 2013. J’ai une pensée à tous les autres nominés qui sont également de grands champions mais aussi pour toutes les personnes qui m’ont aidée et qui m’ont soutenue. » Marie Bochet a en effet toujours pu compter sur un entourage proche et favorable à son épanouissement. Dans la vie, comme dans le sport. « Lorsque nous avons appris la malformation de Marie pendant la grossesse de ma femme, nous avons dû digérer. Mais ensuite, nous avons toujours considéré cela comme une différence et non comme un handicap », explique son père, Yvon. Le sportive, dernière d’une famille de quatre enfants n’a donc bénéficié d’aucun passe-droit, ni aménagement. « Comme ses frères et sœurs, elle devant respecter son tour pour mettre la table, débarrasser ou faire un peu de ménage », reprend son père. Comme la majorité des gamins de Chambéry, Marie Bochet a donc appris à skier en même temps qu’elle apprenait à marcher. Elle a même dépassé les attentes. Les médecins avaient prévenu qu’il serait difficile pour elle de lacer ses chaussures. De skier normalement. « Marie a su faire ses lacets avant tous ses frères et sœurs », sourit son papa. Et elle skie exceptionnellement bien.

PIONNIÈRE EN FRANCEUn destin qui a débuté sous les ordres de Jean-Michel Berthod. Son premier entraîneur. Celui qui a accepté de lui apprendre le ski malgré sa différence. « Nous échangeons encore car c’est mon voisin, raconte la quadruple championne paralympique qui lui a dédié sa première médaille d’or. Celle qui vaut le plus à ses yeux. « Il m’avait dit : J’espère que tu ne m’oublieras pas quand tu seras championne paralympique. » Ce n’est pas le genre de la maison.

Marie Bochet sait d’où elle vient et ce qu’elle vaut. « Généreuse dans l’effort, entière et chaleureuse », selon Jean Minier, elle est un vrai exemple. « C’est une chance pour une fédération comme la nôtre d’avoir une chef de file de cette trempe », ajoute le DTN. Déterminée, dure sur la piste, elle a convaincu chacun des entraîneurs qui l’ont formée. Forçant ainsi les portes du pôle France d’Albertville où elle côtoie la relève du ski français valide et où elle a obtenu son bac ES avec mention Très Bien… « Elle fut la première skieuses handisport a intégré cette école », souligne son père. Ce parcours lui permet de relativiser, de rester humble, accessible et ambitieuse. « Le ski est un sport de frustration, explique Christian Fémy, le directeur sportif du ski français handsport. En valide, il y a jusqu’à 140 coureurs pour un titre. On perd plus souvent que l’on gagne. » Se confronter à ce qui se fait de mieux chez les jeunes en France l’incite à toujours vouloir faire mieux. Aller plus vite.

Trophée Laureus, c’est quoi ? L’Académie Laureus du Sport Mondial a récompensé les meilleurs sportifs et sportives de l’année. Sa Fondation, qui récolte des fonds afin d'améliorer le quotidien de millions d’enfants, distribue chaque année des trophées aux plus grands sportifs, élus en deux étapes. La première est réalisée par un comité de sélection composée d'écrivains, de rédacteurs en chef et de journalistes de plus de 80 pays, qui procèdent à un vote de six candidats pour chaque catégorie. L'élection définitive se trouve, elle, entre les mains des membres de l'Académie, dotée des 46 plus grands sportifs et sportives de tous les temps. 

Jérôme Savary