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Handisport

Handisport - Benjamin Daviet, un mec en or

Benjamin Daviet, leader de l’équipe de France de ski nordique handisport, a livré un vrai récital à Prince George (Canada), lors des championnats du monde. Avec cinq médailles d’or en individuel et l’argent en relais, le Français de 29 ans est définitivement entré dans la cour des Grands.

Avec trois titres paralympiques et deux médailles d’argent aux Jeux paralympiques de PyeongChang en 2018, Benjamin Daviet avait marqué les esprits. Lors des championnats du monde canadiens, le skieur du Grand Bornand (Savoie), privé d’un genou en raison de complications post-opératoires survenues après un accident de mobylette vécu quand il avait 17 ans, a confirmé ses progrès en décrochant cinq médailles d’or. La France a complété sa moisson par une médaille d’argent en relais et deux médailles de bronze d’Anthony Chalençon (avec son guide Simon Valverde).             

Quel sentiment domine, là, au sortir de votre dernière course de ces championnats du monde ' 
Je suis vraiment très content de mes championnats du monde. Je ne m’attendais pas à gagner autant de médailles d’or et d’être autant en forme par rapport à d’autres athlètes. C’est ce qui a fait la différence durant toutes ces épreuves. On s’était vraiment préparer pour, mais je n’osais pas imaginer aller chercher cinq titres. C’est incroyable.

Ça fait quoi d’être sur le toit du monde et intouchable ou presque ?
Je ne réalise pas totalement tous les titres. On est encore au Canada, encore un peu dans le mouvement des Mondiaux. Je réaliserai un peu plus en rentrant à la maison mais surtout une fois que la saison sera finie. Soit après les dernières coupes du monde, prévues au Japon entre le 12 et le 17 mars.

« J’ai une réelle soif de victoires »

Comment avez-vous réussi à garder la même motivation, sacre après sacre ?
J’ai une réelle soif de victoires. Ensuite, il y a eu un important travail de préparation effectué depuis des années et cette année encore. Je pense que j’étais un peu plus costaud que mes adversaires, mentalement et physiquement. Je crois fort en mes capacités physiques pour ne jamais renoncer. Je m’appuie sur ça et ça porte plutôt bien ses fruits.

Parmi ces cinq médailles d’or, y’en a-t-il une qui ressort particulièrement ?
Je pense spontanément au biathlon individuel parce que je rate une balle et ça se joue vraiment sur les skis. Celle-là je ne l’ai pas gagnée grâce au tir donc elle traduit aussi mes progrès sur le plan physique.

En quoi êtes-vous différent des Jeux de PyeongChang ?
Je pense encore avoir progressé techniquement sur les skis. Physiquement, grâce aux exercices de muscu, de préparation physique et de base athlé, j’estime être passé un cap au-dessus. Je pense qu’en termes de cardio, je suis un peu au-dessus également. Cela peut avoir fait la différence sur mes adversaires. J’ai aussi le sentiment que j’ai mieux réussi à me remobiliser que certains de mes adversaires sur les mondiaux.

« Pas mal de changement ont été observés »

Justement, comment avez-vous géré les sollicitations post Jeux paralympiques ?
Ces sollicitations post Jeux n’ont pas dépassé le mois d’avril. J’ai donc bien eu le temps de me reposer et repartir sur ma préparation pour la saison suivante. J’ai donc pu bien respecter mon programme de préparation.

Avez-vous changé des aspects précis de votre préparation par rapport aux années précédentes ?
Vincent Duchène est passé entraîneur numéro un. Il a donc modifié un peu les programmes d’entraînements et de musculation. Avant on ne faisait pas de bases athlétiques…  Pas mal de changements ont été observés. Je ressens que je suis plus en forme et que je récupère mieux. Cela me permet donc de mieux enchaîner.

Pour compléter ce quintuplé d’or, vous avez également décroché l’argent en relais…
Oui, celle-là elle fait très plaisir aussi parce qu’avec Anthony (Chalençon), nous n’étions que deux, quand d’autres nations ont aligné quatre coureurs différents. Nous sommes donc passés chacun deux fois et nous ne cédons le titre pour la Norvège que pour 10 secondes. Franchement, c’est aussi une très belle médaille.   

Jérôme Savary