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Handisport

Handisport - Benjamin Daviet : «A PyeongChang pour des titres !»

À 28 ans, l’athlète du Team EDF sera le chef de file de l’équipe de France handisport de ski nordique en Corée du Sud, lors des Jeux paralympiques (9-18 mars). Il devra assumer un statut de favori, lié à sa razzia de victoires en Coupe du monde.

À Sotchi, en 2014, Benjamin Daviet était en « mode découverte ». « Je n'avais jamais disputé de Jeux paralympiques, explique le jeune homme de 28 ans. C'est immense ». Quatre ans plus tard, le skieur nordique du Grand Bornant (Savoie) a clairement changé de statut. En Corée du Sud, à PyeongChang, site des Jeux paralympiques (9-18 mars), le Français arrivera avec la pancarte. Celle du grandissime favori. « Il est en grande forme, appuie son sélectionneur, Christian Fémy. Nous avons décidé de ne pas l'envoyer sur les dernières manches de coupes du monde car il est bien ». Un euphémisme. Benjamin Daviet s'est en effet imposé lors des cinq épreuves au Canada, mi-décembre. Il a poursuivi sa moisson en Allemagne, au mois de janvier. « Je ne l'avais pas vraiment anticipé. Je voulais simplement frapper fort d'entrée et c'est chose faite. Il va falloir confirmer et travailler pour y arriver ».

Il a tapé dans l'œil de l'Armée

L'athlète du Team EDF ne s'en cache pas, en Asie, son objectif sera de décrocher des médailles. « Je vise des titres aussi ». Médaillé de bronze en relais par équipe en Russie il y a quatre ans, il a, depuis, ajouté quelques lignes à son palmarès. Quatre titres de champions du monde notamment glanés en 2015 et 2017. Une réussite qui a permis au Tricolore de taper dans l'œil de l'Armée des champions. « Je suis militaire et bénéficie d'un détachement à 100 % pour m'entraîner ». Pourtant, en 2010, lorsqu'il se décide à reprendre le ski, loin de lui l'idée d'en faire pour atteindre les sommets. « Je voulais, à travers le sport, rencontrer d'autres personnes en situation de handicap ». Petit, Benjamin Daviet se passionne pour le ski alpin qu'il pratique de 3 à 10 ans. Puis, il passe au ski de fond jusqu'à l'âge de 14 ans. L'âge auquel il doit faire face au décès de son père, bûcheron et victime d'un accident de travail.

«Je ne laisse plus rien au hasard»

À 17 ans, à la suite d’un accident de mobylette, la vie de cet apprenti plombier chauffagiste bascule à nouveau. « Je me suis fracturé le condyle gauche, un os du genou, développe-t-il. Pendant l’opération, j’ai attrapé un staphylocoque doré qui a rongé mon cartilage et mon articulation. » Résultat : arthrodèse du genou… Sa jambe gauche est bloquée. « À 21 ans, j’en avais marre de ne rien faire alors j’ai décidé de reprendre le sport. J’ai choisi le ski nordique car je voulais connaître le dépassement de soi et l’effort physique. Je suis totalement en accord avec ce que je recherchais. » Benjamin Daviet ne cesse donc de récolter les fruits de son travail acharné. Depuis Sotchi, le biathlète a gagné en rigueur. « Je ne laisse plus rien au hasard, détaille cet amateur de films d’action et militaires. Je fais attention à mon alimentation, ma récupération, je suis très à cheval sur les réglages de mes skis, de ma carabine… » Autant d’atouts qui devraient lui permettre de se parer d’or paralympique. « Je l’espère. Je suis fier de porter haut les couleurs de la France et les couleurs militaires. »

Jérôme Savary