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Handisport

Handisport - Arnaud Assoumani : «Je n’ai pas renoncé aux Jeux olympiques»

Le Français, champion paralympique de saut en longueur en 2008, vise l’or mondial à Dubaï (7 au 15 novembre) et aux Jeux paralympiques de Tokyo 2020. Après le Handisport Open de Paris, où l’athlète né sans avant-bras gauche a logiquement assuré sa place au Monde, Arnaud Assoumani (34 ans) revient sur son actualité.

Vous avez sauté à 6,61 m, loin de vos meilleures perfs (7,91 m). Que retenez-vous de ce meeting où vous terminez 4e et vice-champion de France ?
Ce fut un peu laborieux. J’ai eu mal au tendon d’Achille pendant l’échauffement mais je suis quand même parvenu à effectuer le concours en entier. C’est le côté positif. Le premier saut à 6,61m a mis en avant un vrai manque de repères. Je ne suis pas sur la planche, j’arrive en décélération… Mais le moteur est solide et la marge de progression est importante.

C’est-à-dire ?
Je souffre d’une bursite au tendon d’Achille gauche, ma jambe d’impulsion, depuis le mois de novembre. A Bruxelles, le 23 août, je n’ai pu faire qu’un saut (6,64 m) parce que j’ai eu très mal, même une fois que j’étais chaud. J’avais donc choisi de faire beaucoup de soins jusqu’au meeting, qui servait aussi de support aux championnats de France handisport, étape indispensable pour disputer les championnats du monde 2019 en novembre, à Dubaï. J’ai logiquement conforté ma place dans le top 12 mondial de l’année, critère majeur pour être sélectionné.

En quoi ce concours parisien est satisfaisant ?
Lors de mes deux derniers sauts, j’ai recommencé à mettre du rythme, je mords le dernier essai mais je me suis senti mieux. Ça ressemblait davantage à du saut en longueur. J’aurai pu faire 7,20 m, ce qui est actuellement mon niveau je pense. Mais je n’y suis pas parvenu. Maintenant, il me reste deux mois et demi pour travailler. J’ai de vrais axes.

Un mot sur le concours en lui-même…
C’est devenu le meeting handisport le plus important au monde. C’est un super concours. Il y avait un beau plateau. Dans ma catégorie, le champion paralympique était là et il remporte le concours, il y avait d’autres membres du top mondial. Après, en termes d’ambiance et de public, c’était bien. Mais il faut encore aller plus loin. On a un beau stade, une piste toute neuve, un beau plateau, à cinq ans, des Jeux en France, on doit avancer sur ce point. 

« Je vais essayer d’aller aux Jeux 2024 à Paris »

Vous êtes donc totalement reparti dans l’athlé…
Oui. Après les championnats du monde 2017, où je termine 2eà 3 cm du champion du monde, j’ai ressenti le besoin de couper un peu. De m’accorder du temps pour vraiment soigner mon genou et reposer mon corps. Depuis 2008, j’ai toujours participé aux épreuves majeures en étant un peu blessé. Sans avoir réellement pu m’entraîner de manière continue…

Qu’avez-vous mis en place pour être performant à Dubaï et aux Jeux ?
Je travaille à l’Insep depuis 2017 avec Jean-Hervé Stievenart et son groupe. J’avance bien. Depuis le début de l’année, je travaille le physique avec Jérôme Simian qui s’occupe aussi de Mélina Robert Michon, Kévin Meyer ou Caroline Garcia. Il faut du temps pour intégrer sa méthode, mais je progresse beaucoup. Et cela ne va aller qu’en s’accentuant. 

Vous avez toujours pour ambition les 8 m '   
Oui. Je sais que je le peux. Je n’ai pas non plus abandonné l’idée des Jeux olympiques même si les minimas à 8,22m sont costauds. En tout cas, je vais continuer à travailler dur pour être compétitif et essayer d’aller aux Jeux paralympiques 2024 à Paris.

Pourquoi êtes-vous allé au Brésil fin novembre 2017…
Je joue de la musique brésilienne depuis 2005. Tout a pris forme en 2005, lors de l’année du Brésil en France. J’y ai vu une démonstration d’un groupe de samba. Bluffante. Elle jouait avec une répinique, un instrument (type batterie) qui se pratique avec les deux mains. Pas simple pour moi mais comme je pense que rien n’est impossible, je m’y sus mis. J’ai travaillé à fond et en trois mois, je suis parvenu à intégrer le groupe Sambatuc, une référence. Progressivement, mon ambition a été de défiler dans un groupe au Carnaval de Rio. En 2016, lors des Jeux paralympiques, j’ai fait part de cette envie dans un média local. L’école de Salgueiro m’a invité… Finalement, je suis retourné au Brésil pendant quatre mois, à compter de novembre 2017 et j’ai défilé avec ce groupe au Carnaval de Rio en 2018. C’était juste exceptionnel.