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Handisport

Handibasket : Romain Damoizeau veut briller à Toronto

Joueur confirmé de l’équipe de France U 23 qui va disputer les championnats du monde U 23 de handibasket au Canada du 8 au 16 juin, Romain Damoizeau a de l’envie.

Douze ans que la France U 23 ne s’était pas qualifiée pour les championnats du monde handibasket. « Nous y étions en 2009, mais en tant que pays organisateur. Nous avions fini avant-derniers, explique Stéphane Binot, l’entraîneur de cette équipe dont cinq joueurs s’entraînent au quotidien au Centre Fédéral Handisport, établi dans le Creps de Bordeaux. Romain Damoizeau, 19 ans, est l’un d’entre eux. Ce samedi 15 avril, le jeune homme brun, au physique avantageux, suit avec attention les journées de détection. Des journées à l’issue desquelles des basketteurs handicapés rejoindront le centre. Comme il l’a fait il y a quatre ans. « Je souffre d’une dysplasie fibreuse polyostotique. C’est un peu comme la maladie des os de verre mais je ne suis atteint que sur les jambes, raconte l’étudiant en 1re année de Fac de Lettres. A l’époque, j’étais suivi à l’hôpital Trousseau à Paris. J’y ai découvert le handibasket sous les yeux de Stéphane Binot, alors intervenant pour la Fédération Française Handisport en région parisienne. Cela m’a plu. J’y ai joué à Clermont-Ferrand, où je vivais depuis tout petit. »

« J’aimerais devenir scénariste »

Par le jeu des connaissances, il est repéré par Pascal Montet, alors entraîneur de l’équipe de France féminine, qui l’incite à tenter sa chance pour intégrer le pôle. Bingo ! Cet environnement 100 % sport, qui lui permet aussi de suivre sereinement ses études, convient parfaitement à Romain Damoizeau, par ailleurs passionné de BD. « J’aimerais devenir scénariste de BD justement. Même si j’aime bien celles d’action et d’aventure, je n’ai pas encore figé mon style. » A raison d’un entraînement par jour au moins, de séances de musculation encadrées, il progresse. Comme ses équipiers. Aujourd’hui cinq joueurs du CFH font partie de cette équipe de France U 23. « L’ambiance est très conviviale au Creps. On travaille dur mais on aime aussi se retrouver avec les autres joueurs du Centre. Il y a une vraie osmose. »

Une poule relevée

A Toronto, au Canada, il aimerait un scénario idéal, justement. Et poursuivre le rêve éveillé qu’il vit. « Les championnats du monde représentent beaucoup, développe Romain Damoizeau.  Il y a quatre ou cinq ans, quand j’ai commencé, me dire que je ferais un jour des championnats du monde était vraiment fou. Déjà là, j’ai participé à deux championnats d’Europe avec les espoirs, c'est super pour un jeune. » C’est d’ailleurs en accrochant la 5e place à l’Euro 2017, à Lignano (Italie), que les Bleus ont décroché le précieux sésame. « Cela va nous permettre de nous jauger par rapport à ce qui se fait de mieux dans le monde. Pas seulement de regarder de loin. » La France a hérité d’une poule délicate et le dernier carré, visé, sera difficile à atteindre. L’Allemagne et l’Angleterre semblent un cran au-dessus. L’Afrique du Sud largement à leur portée. Quant au Japon et aux Etats-Unis, il y a match. Mais les Français ont de la ressource. Et ils entendent bien jouer crânement leur chance.


Jérôme Savary