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Handisport

Bouge et Tardieu à la conquête du Monde

Le deux de couple handisport, médaillé d’argent aux derniers Jeux paralympiques en aviron, est en Italie pour la première régate internationale de la saison. En ligne de mire, les Mondiaux coréens de l’été.

À Bourges (Cher), Perle Bouge et Stéphane Tardieu n’ont pas ménagé leur peine. Le deux de couple tricolore termine son 4e stage de préparation. Le dernier avant de retrouver les bassins de compétition en Italie. À Gavirate. Leur première sortie internationale depuis la médaille d’argent ramenée des Jeux paralympiques de Londres. Une sortie prometteuse, pour une reprise. « Nous avons gagné nos quatre courses, se réjouit Perle Bouge. Malgré des conditions météo complexes et un bassin difficile, nous avons fait de bonnes choses. »

« J’ai peur de souffrir »
Cette victoire intéressante pour la confiance va permettre de travailler sereinement en vue des championnats du monde prévus cet été en Corée. « La concurrence était bonne. Il y avait ni les Chinois, ni les Anglais, développe-t-elle. Mais derrière nous, il y avait le Brésil, l’Israël et la Pologne. Des bateaux présents aux Jeux. » Le travail paie. Comme son acolyte Stéphane Tardieu, Perle Bouge, cadre technique pour la Fédération française handisport au comité Aquitaine, n’a pas pris de trop longues vacances. « Une semaine au retour de Londres et dix jours en décembre, précise la jeune femme de 35 ans. De toute manière, quand j’arrête trop longtemps ça me manque. Et puis, j’ai un peu peur de trop souffrir à la reprise. »

Londres a changé sa vie
Depuis ses premiers Jeux, l’agenda de Perle Bouge ne désemplit pas. Il lui faut en effet concilier travail, entraînement et sollicitations post-paralympiques. « C’est toujours intéressant de pouvoir valoriser le handisport, l’aviron et apporter une source de motivation aux plus jeunes. Handicapés ou pas. J’ai donc, dans la mesure du possible, parrainé des animations, je suis aussi intervenue sur des manifestations, poursuit Perle Bouge. Mais j’ai aussi veillé à ne pas me mettre dans le rouge. » L’aviron ne le lui permet pas. Car Perle Bouge est une insatiable compétitrice. Sitôt les Jeux terminés, la Rennaise d’origine se projetait déjà vers les Mondiaux 2013. « Nous avons terminé deuxièmes aux Mondiaux 2010, 2011 et aux Jeux en 2012, rappelle-t-elle. Nous aimerions donc franchir la dernière marche qui nous sépare d’un titre. »

L’or et rien d’autre
Parallèlement à l’entraînement physique hivernal effectué seule ou en stage avec les Bleus, Stéphane Tardieu et Perle Bouge ont analysé en compagnie de leur entraîneur, Michel Colard, leur finale paralympique, perdue au profit du bateau chinois. Une étude enrichissante dans le sens où elle a mis en exergue des lacunes possibles à gommer pour progresser. « Ce décryptage vidéo permet de relativiser le sentiment d’infériorité que nous avions à l’issue de la course. De croire en nos chances. »

À Londres (sur le bassin des Jeux), en plein cœur de l’été, Perle Bouge et Stéphane Tardieu vont à nouveau se tester. « Même si certaines nations ne sortiront qu’aux Mondiaux, cela va nous permettre de jauger la concurrence, afin d’arriver fin prêts en Corée. » Pour conquérir l’or, le seul métal qui manque à leur collection.

Jérôme SAVARY