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Trop soft

Ligue 1 : Lorient sans mordant ni niaque

Wesley Lautoa

Equipe « champagne » du début de saison, Lorient cale et ne gagne plus depuis plus d’un mois. Le derby face à Brest a confirmé les difficultés dans le jeu, et le glissement au classement.

Un 4-4-2 avec des joueurs techniques, un coach qui prône du beau jeu, un début de saison canon, Lorient est plutôt atypique dans le championnat de France. Mais comme chaque saison, les belles intentions se brisent de longues semaines sur des blocs-équipes resserrés et des équipes de caractère. Chose qui manque aux Merlus en ce moment.


Lorient a perdu le fil


Bousculé pendant plus d’une heure de jeu face à Brest, le FCL n’a pas pu développer son jeu de possession. Corgnet et Bourillon, placés devant la défense dans le 4-4-2 de Gourcuff ont été dépassés par la paire Grougi / Sissoko. Et c’est bien là le souci de Lorient depuis plusieurs semaines. Le cœur du jeu est dominé, et la récupération se fait très bas. Là où le bloc presse d’habitude pour asphyxier l’adversaire, les attaquants zappent quelque peu le travail et surtout, les deux lignes de 4 sont espacées. Ce soir, des joueurs comme Ben Basat (excellent) et Lesoimier n’ont pas eu de problème pour s’intercaler et faire exploser le système lorientais. Dés la récupération, les passeurs brestois étaient largement assez libres pour adresser des passes en profondeur et sur leurs ailiers.
Christian Gourcuff voit son équipe oublier les principes de jeu de son coach, et verser dans une forme d’individualisme. Traoré abuse parfois du dribble, les milieux ne jouent plus en un minimum de touches de balle et surtout, le mouvement sans ballon est bien plus pauvre que d’habitude. En clair, il n’y a plus de vrais dépositaires du jeu estampillé Lorient.



Où sont les patrons ?


Christian Gourcuff s’en était plaint la saison dernière, son groupe manquait de joueurs de caractère. La blessure cette saison de Bruno Ecuélé-Manga, le capitaine, et le transfert à Lyon d’Arnold Mvuemba ont privé deux secteurs du jeu capitaux de joueurs cadres. Les relais manquent aujourd’hui sur le terrain. La preuve ? Dés l’entrée de Ludovic Giuly sur le terrain, à 20 minutes de la fin, Lorient a été transfiguré. Véritable « aboyeur », leader par la voix et l’exemple, l’ancien ailier du Barça a remis l’équipe sur les rails et il s’en est fallu de peu pour que les Merlus ramènent un nul.

Le FCL n’a pas gagné un match depuis le 16 septembre. Six matchs de championnat sans victoire. Si les matchs restent agréables à regarder, Gourcuff va-t-il sacrifier son sacro-saint système et son style pour grappiller des points ? Rien n’est moins sûr. Mais la descente aux enfers doit être enraillée, et ça tombe bien, deux réceptions au Moustoir se profilent. Mais ce seront des matchs face à Bordeaux puis Lille. Dans deux semaines, Lorient saura si son équipe a du mordant, ou si elle est condamnée à être soft.

Par Ryad Ouslimani