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À coeur ouvert

Corse, clubs privilégiés : Furlan sen prend à larbitrage

Jean Marc Furlan

Courroucé par l’expulsion de Julien Faussurier contre Lyon (défaite 4-1), Jean Marc Furlan est revenu sur l’arbitrage en Ligue 1 dans une interview accordée à l’Est-éclair. Et l’entraineur de Troyes n’a épargné personne.

Des clubs privilégiés
La colère de Jean Marc Furlan suite au match face à Lyon a été terrible. Le technicien de l’ESTAC n’était pas une personne à croiser au coup de sifflet final : « Dans ces cas-là, tout le monde en prend pour son grade dans mon entourage, à commencer par les joueurs ». A froid, on aurait pensé Furlan plus mesuré devant l’ampleur de la défaite face aux Gones, mais c’est mal connaitre l’ancien entraineur de Nantes : « C'est déjà difficile d'espérer prendre des points contre une équipe comme Lyon… Ils n'ont pas besoin de ça en plus. Voilà, il y a 2-1, Bastos marque un magnifique retourné, très bien. On aurait sans doute perdu quand même. Mais qu'on nous laisse tenter notre chance jusqu'au bout ! Ça me fait souffrir que les joueurs ne puissent pas disputer leurs chances. Pourquoi sortir un rouge ? Faussurier prend le ballon, il n'y va pas pour faire faute. Il suffisait de garder son sang-froid, mettre un jaune si besoin, et basta. ». La lucidité sur le résultat interpelle autant que la critique sur l’arbitrage. Car si Jean Marc Furlan admet qu’un bon résultat était hors de portée, il ne peut se résoudre à concéder la façon dont est arbitré son club face aux grosses cylindrées.

Un arbitre victime du système
La faute n’est pour lui pas tant imputable à l’arbitre qu’aux instances nationales. Il dénonce une différence dans la façon de sanctionner les petits budgets et les nouveaux clubs : « Au bout de 8-10 ans de L1, tu acquiers une certaine reconnaissance, pas avant. Il n'y a guère que si tu tombes sur un arbitre qui est proche de la retraite que tu peux espérer une certaine équité. Mais les jeunes arbitres qui ont un ou deux ans de Ligue 1, ils ne prennent pas de risque et vont dans le sens des grands clubs. Il y a des arbitres qui l'ont dit après leur carrière, comme M. Derrien. Il y a des études qui prouvent ça, comme il y a des études qui montrent comment les arbitres corrompus d'Europe de l'Est dans les années 80 changeaient le cours des matches. Vous faites un arbitrage à 50/50 entre les deux surfaces de réparation, mais dans les surfaces, ça va toujours dans le même sens… Je ne mets pas en doute l'intégrité ou l'honnêteté de l'arbitre de samedi. Mais il est clairement victime du syndrome institutionnel. ». Alors cabale organisée dans les plus hautes sphères ou comportement inconscient du corps arbitral ? Les déclarations de Jean Marc Furlan cheminent vers un mélange des deux. Parfois même, l’arbitre serait l’otage d’une pression bien particulière…

Les clubs corses pointés du doigt
Si tirer à boulet rouge sur les gros clubs et l’homme en jaune n’est pas une nouveauté, s’attaquer aux équipes de l’Ile de Beauté l’est moins. Une phrase presque anodine pourrait venir compliquer à l’avenir les déplacements de l’ESTAC à Ajaccio et Bastia (où il a par ailleurs joué en 1985) : « C'est la réalité. Si tu es parmi les plus petits budgets et si tu n'es pas un club insulaire (Corse), t'es de la baise face aux institutions, et je choisis mes mots. ». Au risque de se faire des ennemis, Furlan dénonce sans ménagements l’attitude des arbitres sur les pelouses corses, pris de peur par la réputation vengeresse de ses habitants. Hier à Paris, l’expulsion de Lavezzi n’a pas fait débat mais celle d’Ancelotti a causé quelques remous. Une mini-polémique qui n’a pour le moment pas fait vaciller l’intégrité des arbitres qui se déplacent sur les terrains de l'île.

Furlan défie la Ligue
Déjà aguerri aux joies de la suspension (il avait pris 8 matchs la saison passée), Jean Marc Furlan persiste et signe. Franc et brut, il risque à nouveau d’être auditionné par la Ligue pour des propos qui lui tiennent à cœur : « Je fais ça pour mon club, pour le foot, pour l'éthique. S'il faut retourner à Paris pour leur dire, j'y retournerai, quelles qu'en soient les conséquences. Ça ne me fait ni chaud, ni froid. S'ils veulent m'envoyer en tribune toute la saison, ça ne me pose pas de problème, je ferai travailler mes adjoints. Mais bon, à la commission, c'est pareil, il y en a beaucoup qui ne cherchent qu'à préserver leurs petits privilèges… ». Si la démarche est honnête, les sanctions seront conséquentes.