Accès direct au contenu

Drame

Les Togolais rentreront malgre eux

La délégation togolaise, malgré la douleur, souhaite rester en Angola pour disputer la CAN. Mais devrait rentrer à Lomé, à la demande explicite de son gouvernement.

La CAN déjà terminée avant d’avoir commencé ? C’est la question légitime au surlendemain de l’attentat subi par la sélection togolaise prise pour cible, lors du mitraillage de son bus, par les Forces de Libération de l'État du Cabinda/Position Militaire. Car la question sportive apparaît futile après le décès de trois membres de la délégation togolaise (le chauffeur du bus, un adjoint du sélectionneur Hubert Velud et l’attaché de presse). Un bilan qui pourrait s’assombrir selon l’évolution de l’état de santé du gardien de Pontivy, Kodjovi Obilalé, touché à un rein et placé en soins intensifs dans un hôpital sud-africain.

Malgré toutes ces péripéties dramatiques, le Togo a décidé de rester en Angola pour jouer la compétition. «On s’est dit que ce serait dommage de partir comme ça, pour la plupart c’est notre première CAN, et en l’honneur de ceux qui sont morts», a confié Jonathan Ayité à RMC dans la nuit. Une décision qui va dans le sens d'Arsène Wenger, qui avait déclaré dans les colonnes de L'Equipe un peu plus tôt : «Je ne pense pas qu'on puisse arrêter une compétition après quelque incident car je pense que cela sert les gens qui l'ont causé. Cela voudrait dire qu'une compétition peut prendre fin à n'importe quel moment».

L'entraîneur a tôt fait d'oublier l'incroyable légèreté de la CAF, co-organisatrice de la CAN, qui avait, à demi-mots, reproché à la sélection togolaise d’avoir privilégié la voie terrestre pour se rendre en Angola. Une CAF qui avait déjà fait preuve d’une incroyable légèreté au moment des vives tensions autour des rencontres entre l’Algérie et l’Egypte.Concrètement, donc, les Eperviers doivent jouer lundi soir contre le Ghana. Chose à laquelle s'est catégoriquement refusé le Premier ministre Gilbert Fossoun Houngbo, qui somme son équipe à rentrer au plus vite à Lomé. Même Emmanuel Adebayor, le capitaine, semble s'y résoudre : «Nous ferons ce que notre gouvernement nous dit de faire. Si sa décision est de rentrer à la maison, nous rentrerons. C'est apparemment ce qui va se passer», a-t-il déjà réagi sur RMC.