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Entre les mailles du filet

Les verites de laffaire Contador

La fédération espagnole de cyclisme a décidé d'acquitter Alberto Contador de son test positif au clenbutérol dans le dernier Tour de France. Injuste ? Logique ? Explications?

Le 8 février dernier, la presse espagnole révèle que le coureur d’Astana a été contrôlé positif non pas une fois, mais quatre fois au clenbutérol lors du dernier Tour de France. Cette substance dopante aurait en effet été retrouvée dans les urines de l'Espagnol le 21 juillet, jour de l'étape de repos à Pau, mais également les 22, 24 et 25. 

Clenbutérol, le faux problème
Le Clenbutérol est un stimulant. Un anabolisant non hormonal figurant dans la liste des substances non spécifiés (interdit dans toutes les circonstances) et donc entraînant une suspension de deux ans pour qui se fait pincer.

« Cela parait suicidaire de la part d’Alberto Contador de prendre cette substance, avoue le docteur Jean-Pierre de Mondenard, grand spécialiste du dopage. Dans le laboratoire de Cologne en Allemagne, Contador a été contrôlé grâce à une recherche au picogramme. Si l’avait été contrôlé en France par le laboratoire de Chatenay Malabry, il aurait été négatif ». Cela signifie donc que la dose trouvée est infiniment petite et ne correspond pas vraiment à une dose de dopage. « La contamination peut réellement être accidentelle et la thèse de Contador tout à fait crédible, explique le médecin du sport. Il existe un seuil aléatoire. De plus, jusqu’à présent, il n’y a jamais eu d’étude sur la viande contaminé pour savoir si cela pouvait avoir un effet dopant sur les sportifs ».

Des traces évoquant une transfusionM
Malheureusement pour le coureur espagnol, l’affaire Contador ne s’arrête pas au seul cas du clenbutérol. Les laboratoires ont mis au point une technique pour trouver des traces de transfusion sanguine, méthode la plus usité par les coureurs aujourd’hui. Ainsi, des phtalates (traces de résidus plastiques) sont apparus dans le sang d’Alberto Contador. Phtalates qui proviendraient des poches de sang qui sont en plastique. « Ce qui est dérangeant, c’est que l’affaire sort alors que cette technique n’est pas validée, explique avec énervement le docteur de Mondenard. Il faut dire que les enjeux sont aussi financiers. Les laboratoires construisent leurs notoriétés sur ce genre d’histoire. Mais le procédé n’est pas très sérieux. « Ou on est professionnel dans la lutte anti-dopage et on se fera respecter, ou on est amateur, bordelique, et ça nous discrédite en permanence », enchaîne le docteur.

Retrouvez cette article dans son intégralité avec également une enquête sur les failles du système anti-dopage dans le journal "Le 10 Sport" en vente en kiosque depuis ce jeudi.